Déconfinement le 11 mai : que disent les indicateurs?

Le déconfinement doit normalement débuter le 11 mai si les indicateurs le permettent. Voici les dernières tendances.



La France va-t-elle entamer son déconfinement le 11 mai? Le gouvernement doit annoncer jeudi 7 mai s'il donne son feu vert à une sortie très progressive du confinement. La semaine dernière, le Premier ministre Edouard Philippe avait prévenu :

"Si les indicateurs ne sont pas au rendez-vous, nous ne déconfinerons pas le 11 mai, ou nous le ferons plus strictement".

Quels sont ces indicateurs suivis par le Premier ministre. Permettent-ils d'envisager un déconfinement lundi prochain? Le JDD fait le point.



Un nombre de nouveaux cas journaliers inférieur à 3.000


Le Premier ministre l'a répété lundi devant le Sénat. Le gouvernement table sur 1.000 à 3.000 nouvelles contaminations par jour après le 11 mai. Un tel chiffre permettrait de garantir des tests - en prévoyant une réserve - pour toutes les personnes symptomatiques et pour leurs cas contact (en moyenne 25). Pour le moment, le pari semble tenu.


Voici le nombre de cas confirmés des derniers jours :


  • 576 nouveaux cas lundi

  • 308 nouveaux cas dimanche

  • 794 nouveaux cas samedi

  • 604 nouveaux cas vendredi

  • 1.139 nouveaux cas jeudi

Lundi dernier, 3.764 nouveaux cas ont toutefois été relevés.


Un taux de contagiosité (R0) inférieur à 1


Le taux de contagiosité (ou de "reproduction") permet de déterminer le nombre de nouvelles personnes qu'un malade du Covid-19 contamine. Avant la mise en place du confinement, ce taux était estimé à 3,3 en France. Cela signifie que 10 malades infectaient en moyenne 33 nouveaux malades. Il est aujourd'hui de 0,6, mais en légère hausse : "Le fameux R0 - le facteur de reproduction du virus - qui était descendu à 0,5 est aujourd'hui remonté à 0,6. C'est le signe d'un certain relâchement, même si en l'état l'épidémie reste en déclin, puisque 0,6, cela signifie que 10 malades ne contaminent que 6 malades la semaine suivante. En Allemagne, il a été réévalué entre 0,9 et 1 à la suite du début du déconfinement", a expliqué dimanche Olivier Véran dans Le Parisien.


L'objectif du gouvernement est de "faire en sorte qu'au moment du déconfinement [...] le R0 reste égal ou inférieur à 1", avait expliqué Edouard Philippe mi-avril.


Des entrées en réanimation maitrisées


Dans son avis du 20 avril, le Conseil scientifique avait estimé que "la sortie de confinement ne pourra se faire que lorsque les indicateurs de suivi de la charge hospitalière en réanimation (...) montreront un retour à un fonctionnement acceptable en routine". A la date du 11 mai, le Conseil scientifique avait ainsi prévu 10-50 admissions par jour en réanimation. On n'y est pas encore.


Voici les derniers chiffres :


  • Lundi : 84 entrées en réanimation

  • Dimanche : 80 entrées en réanimation

  • Samedi : 64 entrées en réanimation

  • Vendredi : 73 entrées en réanimation

  • Jeudi : 121 entrées en réanimation

  • Mercredi : 110 entrées en réanimation

  • Mardi : 88 entrées en réanimation

  • Lundi : 125 entrées en réanimation


Le nombre de lits occupés en réanimation est lui actuellement de 3.696. Le Conseil scientifique envisageait un chiffre "de l’ordre de 1400-1900" le 11 mai, ce qui ne sera sans doute pas le cas au vu du rythme de baisse actuel. Les capacités d'accueil en réanimation sont toujours en tension dans plusieurs régions, en particulier en Ile-de-France.


Une organisation prête pour le déconfinement


Pour bien réussir le déconfinement, le gouvernement compte s'appuyer sur les tests virologiques, avec un objectif de 700.000 par semaine. Devant le Sénat, Edouard Philippe a assuré que la France sera en capacité "matériellement" de les faire. "Le problème ça ne va pas être les tests, ça va plutôt être les bras", a-t-il toutefois mis en garde.


Les tests ne sont en effet qu'un instrument pour casser les chaînes de contamination. Des "brigades" contre le Covid doivent aussi être créées pour repérer les cas contact des personnes malades. "Plus de 3.000 personnes formées de l'Assurance maladie seront chargées de tracer les contacts proches des cas positifs. Elles auront accès à un système d'information, actuellement en cours de finalisation. S'il y a des foyers groupés, les agences régionales de santé prendront le relais", a indiqué Olivier Véran dimanche. Le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, estime pourtant qu'il faudrait entre "15.000 et 20.000 personnes" pour traquer les cas contact du Covid-19.


Les masques sont un autre sujet de préoccupation. Y en aura-t-il suffisamment pour tous? Le Premier ministre Edouard Philippe a assuré que oui. Les masques pour le public, chirurgicaux ou textile, sont notamment distribués par les collectivités locales, vendus dans les pharmacies, chez les buralistes et, depuis ce lundi, dans la grande distribution. Le risque de pénurie semble s'éloigner.


Un projet de loi sur l'état d'urgence sanitaire, en discussion cette semaine au Parlement, doit aussi être voté avant la fin de la semaine. Il doit entrer en application dès lundi 11 mai.


Avec Le Journal du dimanche


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