Le remdesivir, une lueur d'espoir face au coronavirus

Quatre mois après le début de l’épidémie de Covid-19, le gouvernement américain a créé l’espoir mercredi en rapportant qu’un médicament naguère développé contre Ebola, le remdesivir, semblait avoir prise sur le nouveau coronavirus.



C’est à ce jour la percée thérapeutique la plus notable contre le coronavirus, même si des experts préviennent que les résultats entiers n’ont pas encore été publiés. 


Des patients qui se rétablissent plus vite


Les résulats préliminaires de cet essai clinique contre placebo incluant un millier de patients, mené par les Instituts de santé américains (NIH) et le laboratoire Gilead, ont montré que le remdesivir avait aidé des malades hospitalisés à se rétablir 31% plus vite.


"Les données montrent que le remdesivir a un effet clair, significatif et positif pour réduire le temps de rétablissement des malades, a déclaré Anthony Fauci, directeur de l’Institut des maladies infectieuses qui a dirigé l’essai, dans le Bureau ovale de la Maison Blanche. C’est une preuve de concept très importante, car cela prouve que nous pouvons bloquer le virus."

Le président Donald Trump a dans la foulée demandé à l’Agence américaine du médicament (FDA) d’accorder "rapidement" une autorisation d’utilisation en urgence pour les hôpitaux, hors d’essais cliniques.


Le patron de Gilead Sciences, Daniel O’Day, a annoncé que le laboratoire disposait actuellement de 1,5 million de doses qui seraient données, pour traiter au moins 140 000 patients. Gilead vendra ensuite le remdesivir à un prix "abordable", a-t-il dit au site Stat.


Pas d'effet observé sur la mortalité


Comparés aux malades ayant reçu un placebo, les patients traités avec le remdesivir, un médicament jamais approuvé contre aucune maladie, se sont rétablis en 11 jours (durée médiane) au lieu de 15 jours, a détaillé un communiqué des NIH, évoquant une fiabilité statistique très élevée.


En revanche, les résultats préliminaires ne montrent pas si le médicament permet de sauver des vies. La mortalité du groupe de patients traités par remdesivir était de 8%, contre 11,6% dans le groupe témoin; une différence trop faible pour exclure que ce soit le fruit du hasard.


Une étude chinoise était moins concluante

L’annonce de Washington relativise l’importance de résultats non concluants d’une petite étude sur le remdesivir (237 patients), menée dans dix hôpitaux de Wuhan en Chine et publiée mercredi par la revue médicale The Lancet. 
Dans l’essai chinois, les malades traités avec le remdesivir n’ont pas fait mieux que ceux traités par placebo. Mais la taille de l’essai, interrompu faute de malades car l’épidémie s’est arrêtée à Wuhan, limite l’interprétation des résultats. 


En attendant Discovery


De multiples essais sont en cours dans le monde pour tester le remdesivir, d’autres antiviraux ou encore l’hydroxychloroquine, un médicament contre le paludisme que beaucoup d’hôpitaux expérimentent sans attendre, notamment le professeur français Didier Raoult en conjonction avec un antibiotique.


Les résultats du grand essai Discovery sur 3200 patients européens sont particulièrement attendus.


En attendant, l’hydroxychloroquine est contestée. Les autorités sanitaires américaines ont formellement déconseillé son utilisation hors hôpital il y a quelques jours en raison des risques pour le cœur.





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