Mort de George Floyd : la police de Minneapolis sera démantelée

Les conseillers municipaux de Minneapolis ont annoncé, dimanche, que la police de cette ville du nord des États-Unis serait démantelée. Cette mesure choc intervient deux semaines après la mort de George Floyd, un homme noir, lors de son interpellation par un policier blanc.



Minneapolis (Minnesota) semble prête à effectuer une importante réforme de sa police. « Nous nous sommes engagés à démanteler les services de police tels que nous les connaissons dans la ville et à reconstruire avec notre population un nouveau modèle de sécurité publique qui assure vraiment la sûreté de notre population », a déclaré dimanche 7 juin la présidente du conseil municipal, Lisa Bender, sur CNN.


Les élus ont l'intention de transférer les fonds alloués à la police vers d'autres projets et la question du remplacement du service de police actuel sera également sur la table. « L'idée de ne pas avoir de police n'est certainement pas un projet à court terme », a précisé l'élue.


La conseillère municipale Alondra Cano a indiqué sur Twitter que la décision avait été prise « avec une majorité du conseil municipal de Minneapolis suffisante pour éviter un veto ». Selon elle, le conseil a conclu que la police de la ville n'était « pas réformable et que nous allions mettre fin au système de maintien de l'ordre actuel ».


Le maire est défavorable


Mais le maire de la ville Jacob Frey avait fait savoir avant le vote du conseil qu'il n'était pas favorable à ce démantèlement, disant à l'AFP qu'il préférait une « réforme structurelle d'ampleur pour la refonte de ce système structurellement raciste ». Par conséquent, la promesse du conseil municipal pourrait prendre du temps à se concrétiser. Les démocrates ont appelé dimanche à une transformation profonde de la police, accusée de discriminations, d'injustices et de brutalités à l'encontre des Américains noirs.


Plusieurs élus démocrates veulent s'attaquer à ce qu'ils estiment être le fruit d'un racisme qui gangrène l'histoire des États-Unis depuis l'esclavage, en présentant lundi devant le Congrès une loi pour réformer la police dans l'ensemble des États-Unis. Certaines mesures ont déjà été imposées à un échelon local depuis le début de ce mouvement de contestation. Le chef de la police de Seattle a ainsi interdit le recours au gaz lacrymogène pour trente jours.

La police de Minneapolis a annoncé qu'elle interdisait dorénavant la technique dangereuse des « prises d'étranglement ».


Des dizaines de milliers d'Américains ont de nouveau manifesté samedi dans de nombreuses villes du pays. Et le rassemblement dans la capitale fédérale Washington, sous les fenêtres d'une Maison-Blanche entourée de barrières grillagées et transformée en camp retranché, n'a donné lieu à aucun incident.


Des émeutes et des pillages ont agité dans les jours qui ont suivi le drame plusieurs grandes villes à travers le pays, poussant les autorités à mettre en place des couvre-feux. De Bristol à Budapest en passant par Madrid et Rome, des dizaines de milliers d'Européens ont rejoint dimanche les manifestations contre le racisme.

La star américaine Beyoncé s'est d'ailleurs fait l'écho dimanche des messages de Black Lives Matter lors d'une cérémonie virtuelle, avec d'autres artistes, sur YouTube appelée « Dear Class of 2020 » et s'adressant aux diplômés du monde entier. « Vous êtes arrivés ici au beau milieu d'une crise mondiale, d'une pandémie raciale et de l'expression mondiale de l'indignation face au meurtre insensé d'un autre être humain noir non armé. Et vous avez quand même réussi. Nous sommes si fiers de vous », a déclaré la chanteuse, dénonçant le sectarisme.



Source : AFP

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