Mort de George Floyd : les quatre policiers inculpés pour homicide volontaire

Ces poursuites étaient au cœur des demandes des manifestants qui font entendre leur colère partout dans le pays depuis plusieurs jours.


Rebondissement spectaculaire dans l'affaire George Floyd. Le procureur enquêtant sur la mort de l'homme de 46 ans à Minneapolis a requalifié les faits en homicide volontaire, inculpant de «  meurtre non prémédité  » le policier qui a asphyxié le Noir américain et de complicité les trois autres agents présents, a annoncé mercredi la sénatrice locale Amy Klobuchar.


Derek Chauvin, le policier qui, le 25 mai à Minneapolis, s'est agenouillé sur le cou du quadragénaire pendant plus de huit minutes, provoquant sa mort, avait dans un premier temps été inculpé seulement d'homicide involontaire. Les chefs d'accusation le visant ont été requalifiés mercredi de « meurtre non prémédité », plus grave, passible de 40 ans de prison.


Les trois autres agents qui l'accompagnaient, également renvoyés de la police depuis, sont désormais également poursuivis, pour complicité. Tou Thao, J. Alexander Kueng et Thomas Lane ont tous trois été à leur tour placés en détention.

« Nous sommes profondément satisfaits que le procureur général du Minnesota Keith Ellison ait agi de manière décisive en arrêtant et inculpant tous les agents impliqués dans la mort de George Floyd », a réagi l'avocat de la famille Benjamin Crump.

Les manifestations se poursuivent

Les manifestations, qui ont parfois été accompagnées de pillages et d'émeutes, se sont poursuivies dans de nombreuses villes, sans débordement majeur signalé mercredi après-midi. Un apaisement qui a permis d'assouplir les horaires des couvre-feux imposés ces derniers jours pour aider à rétablir le calme, comme à Washington et Los Angeles, où des milliers de manifestants étaient de nouveau dans les rues.


Un important dispositif policier a été une nouvelle fois déployé pour boucler l'accès à la Maison-Blanche, même si les autorités ont dit s'attendre à des rassemblements pacifiques.

Après les scènes de violence qui avaient émaillé la nuit précédente, le président Donald Trump avait menacé lundi de déployer l'armée « pour régler rapidement le problème », des propos immédiatement dénoncés par l'opposition, qui y avait vu une dérive autocratique.


L'ex-président Barack Obama a salué mercredi le « changement de mentalité » opéré chez les Américains manifestant contre le racisme et les violences policières, qui pourrait selon lui aboutir à des réformes au niveau national. Le prédécesseur de Donald Trump a aussi exhorté les autorités étatiques et locales à revoir leur politique sur l'usage de la force, dans son premier commentaire vidéo depuis la mort de George Floyd aux mains de la police de Minneapolis le 25 mai dernier. Le premier président noir des États-Unis a appelé à la coopération entre les individus pour « changer l'Amérique » et l'aider à se conformer à ses valeurs.


Trump attaqué par son ancien ministre de la Défense


En désaccord apparent avec Donald Trump, le secrétaire américain à la Défense s'est lui-même dit mercredi opposé à l'idée de déployer les soldats dans les grandes villes.

« Je ne suis pas favorable au décret de l'état d'insurrection », qui permettrait au milliardaire républicain de déployer des soldats d'active face à des citoyens américains, et non des réservistes de la Garde nationale comme c'est actuellement le cas, a déclaré Mark Esper.

Jim Mattis, l'ex-ministre de la Défense de Donald Trump qui avait démissionné, est à son tour monté au créneau pour accuser le président de « diviser » l'Amérique.


« De mon vivant, Donald Trump est le premier président qui n'essaye pas de rassembler les Américains, qui ne fait même pas semblant d'essayer », a écrit l'ancien général des Marines, qui n'était jusqu'alors jamais sorti de sa réserve.


Avec Le Point

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