Trump menace de déployer l’armée pour arrêter les manifestations

Le président américain Donald Trump a promis lundi de restaurer l'ordre en menaçant de déployer l'armée pour faire cesser les violences. La colère ne retombe pas une semaine après la mort de George Floyd, un homme noir asphyxié par un policier blanc à Minneapolis.


President Donald Trump walks in Lafayette Park to visit outside St. John's Church across from the White House Monday, June 1, 2020, in Washington  - Photo/Patrick Semansky



Donald Trump a annoncé lundi d’un ton martial le déploiement de "milliers de soldats lourdement armés" et de policiers à Washington pour mettre un terme "aux émeutes" et "aux pillages" qualifiés de "honte". Les manifestations contre les brutalités policières, le racisme et les inégalités sociales, exacerbées par la crise du Covid-19 se sont propagées dans plus de 140 villes américaines, une semaine après la mort de George Floyd, un homme noir de 46 ans asphyxié sous le genou d'un policier blanc à Minneapolis.


Main sur la Bible mais prêt à donner l'ordre à l'armée


© Patrick Semansky/Associated Press « Nous avons un grand pays », a déclaré Donald Trump, une bible à la main.

Alors que la Maison-Blanche avait des airs de camp retranché, la police a dû disperser les manifestants rassemblés à l'extérieur à coups de tirs de gaz lacrymogène pour permettre à Donald Trump de rejoindre à pied l’église Saint-John, un bâtiment emblématique qui a été dégradé dimanche soir et devant lequel Donald Trump s'est fait photographier une bible à la main.

Trump dénonce un "terrorisme intérieur"


Appelant les gouverneurs à agir vite et fort pour "dominer les rues" et briser la spirale des violences, il leur a lancé une mise en garde. "Si une ville ou un Etat refuse de prendre les décisions nécessaires pour défendre la vie et les biens de ses résidents", je déploierai l'armée américaine pour régler rapidement le problème à leur place", a-t-il lancé, dénonçant des actes de "terrorisme intérieur".

Il utilise"l’armée américaine contre les Américains". "Il envoie du gaz lacrymogène contre des manifestants pacifiques et tire des balles en caoutchouc. Pour une photo", a tweeté son concurrent à l’élection présidentielle américaine de novembre Joe Biden.


Couvre-feu prolongé, garde nationale déployée


New York, plusieurs grands magasins de la célèbre 5e Avenue ont été pillés lundi soir. Le couvre-feu, instauré dans la ville de 23h à 5h lundi, commencera dès 20h mardi, a annoncé le maire Bill de Blasio, tout en assurant que la métropole était "totalement sous contrôle, et pour l'essentiel calme et paisible".De Boston à Los Angeles, de Philadelphie à Seattle, les manifestations pacifiques le jour se sont embrasées la nuit.Les protestations se sont propagés dans 140 villes américaines.Face aux affrontements mêlant manifestants, casseurs et forces anti-émeute, les soldats de la Garde nationale ont été déployés dans plus de deux douzaines de métropoles, dans un climat de tension inédit depuis les années 1960.


Deux autopsies confirment l'asphyxie de George Floyd


Au cœur des slogans, "Black Lives Matter" ("La vie des Noirs compte") et "I can't breathe" ("Je ne peux pas respirer"), les derniers mots de George Floyd gisant par terre, menotté et avec le cou sous le genou d'un policier, dont les collègues restaient passifs. Le policier mis en cause a été arrêté vendredi et inculpé d'homicide involontaire. Les manifestants réclament que ses trois collègues soient aussi inculpés.

Deux autopsies, l'une indépendantes et l'autre officielle, ont conclu à une pression létale au niveau du cou de l'Afro-Américain, ayant causé un arrêt du cœur. Ni le renvoi le 8 juin de l'agent coupable de la bavure, Derek Chauvin, inculpé d'homicide involontaire, ni son arrestation n'ont calmé les esprits. La semaine prochaine seront célébrées les obsèques de George Floyd, au Texas.


Émotion internationale


Des manifestations contre les brutalités policières et le racisme aux Etats-Unis ont aussi eu lieu ces derniers jours en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Irlande, aux Pays-Bas, au Canada et en Nouvelle-Zélande.Les rivaux des Etats-Unis dans le monde, Chine et Iran en tête, n'ont eux pas laissé passer l'occasion de critiquer Washington. Pékin a notamment dénoncé la "maladie chronique" du racisme aux Etats-Unis. Hong Kong a accusé Washington d'avoir "deux poids, deux mesures" face aux manifestants.


Par Pierre Emparan

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